Actualité

Juin 2026

Sortie du livre « L'Invisible en psychothérapie » 


Mai 2026 

« Qui ou qu'est-ce qui empêche l'homme de vivre en paix sur cette terre ? » - C. G. Jung, 1959

Introduction :

La question de la paix et de la violence collectives traverse l'histoire de la pensée occidentale depuis l'Antiquité, mais elle prend une acuité particulière au sortir des deux guerres mondiales et des totalitarismes du XXe siècle. C'est dans ce contexte historique que Carl Gustav Jung formule en 1959 une interrogation fondamentale : « Qui, ou qu'est-ce qui, empêche l'homme de vivre en paix sur cette terre ? » Cette question, loin de relever d'une simple rhétorique morale, engage une réflexion épistémologique sur les soubassements psychiques, individuels et collectifs, des comportements destructeurs qui jalonnent l'histoire humaine. [1]

Depuis Freud et l'élaboration de la métapsychologie au tournant du XXe siècle, la psychanalyse s'est attachée à décrire l'appareil psychique et ses instances — conscient, inconscient, Ça, Moi, Surmoi — ainsi que les dynamiques pulsionnelles qui gouvernent l'économie libidinale du sujet. Wilhelm Reich, dès 1930, a tenté d'appliquer ce cadre théorique à l'analyse des phénomènes de masse, notamment dans sa Psychologie de masse du fascisme, en cherchant à comprendre les ressorts inconscients de l'adhésion aux idéologies totalitaires et en forgeant la notion d'« homme moyen », figure du conformisme et de la soumission à l'autorité. [1] Hannah Arendt prolongera cette réflexion en proposant, à partir du procès Eichmann, le concept de « banalité du mal », qui situe l'origine de la violence non dans la monstruosité exceptionnelle, mais dans l'absence de pensée critique et de jugement moral chez l'individu ordinaire. [2]

Toutefois, ces approches, bien qu'éclairantes, demeurent inscrites dans un cadre métapsychologique largement centré sur la pulsion, le refoulement et le conflit intrapsychique. C'est précisément sur ce point que la rupture épistémologique opérée par Jung — et, dans une moindre mesure, par Heinz Kohut — s'avère déterminante. En postulant l'existence d'une psyché ouverte sur un inconscient collectif, voire sur une dimension numineuse ou sacrée, Jung déplace radicalement la question de la paix intérieure et sociale. Pour lui, l'individuation — processus de réalisation de soi par l'intégration consciente de l'Ombre et des archétypes — constitue la condition sine qua non d'une cohabitation pacifique, tant intérieure qu'extérieure. À rebours de l'illusion d'un Moi maître de lui-même, Jung soutient que la paix passe par l'acceptation de la part d'Ombre irréductible en chacun, et par l'ouverture à une psyché transpersonnelle.

La présente communication se propose d'articuler ces différentes perspectives théoriques afin d'interroger les obstacles psychiques à la paix. Dans un premier temps, nous rappellerons les cadres métapsychologiques freudien et reichien, en soulignant leurs apports et leurs limites pour penser les comportements de masse. Nous examinerons ensuite la notion contemporaine de narcissisme, telle qu'elle a été redéfinie par Kohut, et son rôle structurant dans le développement du Self. Enfin, nous nous attacherons à l'approche jungienne de l'individuation et de la psyché numineuse, en montrant comment celle-ci ouvre des perspectives inédites pour une culture de la paix fondée sur l'intégration de l'Ombre, le dialogue des consciences et la reconnexion au sacré. Nous convoquerons également les apports des neurosciences contemporaines sur le couplage neuronal et les phénomènes d'influence collective, ainsi que les réflexions de Patrice Van Eersel sur la « super-conscience » des cétacés, afin d'élargir notre compréhension des dynamiques intersubjectives et interspécifiques susceptibles de fonder une éthique de la coopération.


Octobre 2023 Parution

Le Grand Livre des transes et des états non ordinaires de conscience

Sous la direction du Pr Antoine Bioy - Editions Dunod

Extrait :

Les vécus de transes sont plus fréquents qu'il n'y paraît. On peut les rencontrer dans des contextes très variés, allant des pratiques chamaniques jusqu'à celles utilisant la réalité virtuelle, à la fois dans les champs du commun (intuition…), de l'exceptionnel (expérience de mort imminente…) ou du pathologique (dissociation traumatique…). 


Juin 2023
Parution

Colloques de Bruxelles mai 2019

L'Image, entre nuisance, inanité et nécessité

Sous la participation de Daniel Baumann, Ignace Berten, Edouard Collot, Eddy Devolder, Bertrant Eveno, Christine H.Hardy, Véronique Liard, Thierry Michel, Pierre Willequet

Collection : Les Ateliers du praticien - Editions Esperluète/L'Arbre Soleil

Extrait :

"Je suis psychiatre, psychothérapeute. Ma pratique de l'analyse a évolué grâce à la rencontre de l'hypnose, non pas de hypnosuggestion, laissée de côté par Freud, mais de l'état hypnoïde, facilitateur de l'expression de l'inconscient, c'est-à-dire vers l'hypnoanalyse. La découverte de la culture chamanique a complété cette ouverture d'esprit en m'introduisant aux richesses des vécus en états de transe, et je me suis entièrement retrouvé dans la vision philosophique de C. G. Jung, qui m'a conforté dans ma pratique et dans mes références théoriques. Voilà pourquoi j'aborderai le thème de l'image via la conscience, car les caractéristiques et la richesse de l'évocation de l'image sont relatives à l'état d'ouverture de conscience de la personne. En psychothérapie, il ne suffit pas de proposer une métaphore imagée pour se faire entendre de l'inconscient du sujet, il faut que la conscience du thérapeute s'ouvre en direction de celle de la personne, afin qu'elle puisse en entendre toute la profondeur. Ce n'est pas le narratif qui gouverne, mais l'expérience du vécu. L'âme est le principe de vie et de la pensée de l'homme, c'est le siège de l'activité psychique, de l'esprit et des états de conscience. L'image est créée ou perçue par notre psyché, définie comme l'ensemble des processus conscients et inconscients propres à chacun. La capacité à l'image est une fonction cérébrale que nous partageons avec le monde animal. Cette fonction dépend de l'état de la conscience au temps T. Aux différents modes de fonctionnement de la conscience (les états de conscience) correspondent des images très différentes, allant d'une expression simple à une profondeur visionnaire."


16 mars 2023 Interview

"Thérapeutes de l'âme" 

Interview par Inexploré TV

Thérapeutes de l'âme, Inexploré part à la rencontre de ces accompagnants. Ils dévoilent leurs définitions du mot « thérapeute », leurs parcours respectifs, leurs visions sur les qualités requises pour exercer ce métier, et d'autres surprises encore.


2022
Parution

Comprendre et maîtriser l'hypnose profonde. 

Hypnoanalyse et apports de C.G. Jung

Sous la direction de Antoine Bioy, Daniel Goldschmidt

Collection : Les Ateliers du praticien - Editions Dunod

6 décembre 2022 Conférence "Soigner les âmes, l'invisible dans la psychothérapie et la cure chamanique" à l'occasion de la journée d'étude "Aux racines des chamanismes"
au musée du quai Branly - Jacques Chirac
Journée d'étude
Organisée par la société des études euro-asiatiques (SEEA) ; l'association pour le rayonnement des cultures himalayennes (ARCH) et the international society for academic research on shamanism (ISARS).
Cette journée se propose d'échanger sur les sociétés chamaniques aux quatre coins du monde.
En savoir plus en téléchargeant le PDF ci-dessous.

Extrait :

"C'est en tant que psychiatre psychothérapeute formé à l'hypnoanalyse par le psychanalyste américain Jacques Palaci, très proche de Heinz Kohut, que j'ai fait connaissance de l'hypnose profonde. Historiquement, bien qu'il s'agisse d'un état de conscience naturel et spontané qui peut se manifester de la transe légère à la transe profonde (de la dissociation légère à profonde), il a été associé malencontreusement aux pratiques suggestives de Freud, et honni de ce fait par la plupart des écoles analytiques. Voilà qui est paradoxal. En effet, il n'échappera pas à qui connaît l'état d'hypnose et qui par ailleurs pratique l'analyse qu'il n'existe pas d'analyse sans libre association, celle-là même recherchée par Freud lorsqu'il abandonna l'hypnosuggestion. Il explique clairement ne conserver de la technique suggestive que l'état hypnoïde, celui qui autorise la mobilité des afférences inconscientes, état qui est précisément ce que nous nommons aujourd'hui état d'hypnose.

La libre association peut être considérée, selon Jacques Palaci, comme une forme d'auto-induction de transe en ce qu'elle est un discours qui s'adresse à soi-même. Le dispositif analytique est d'évidence contingent de la libre association : l'analysant investit son espace intérieur dans un état second, manifestement pour qui en a la connaissance, de nature hypnotique (dissocié), intensément lié aux affects. Si nous ne devions retenir qu'une seule phrase de Freud, ce pourrait être que toute remémoration dénuée d'affect est sans effet…"


Décembre 2022
Conférence

"Soigner les âmes, l'invisible dans la psychothérapie et la cure chamanique"

6 décembre 2022 Conférence "Soigner les âmes, l'invisible dans la psychothérapie et la cure chamanique" à l'occasion de la journée d'étude "Aux racines des chamanismes"

au musée du quai Branly - Jacques Chirac

Journée d'étude organisée par la société des études euro-asiatiques (SEEA) ; l'association pour le rayonnement des cultures himalayennes (ARCH) et the international society for academic research on shamanism (ISARS). Cette journée se propose d'échanger sur les sociétés chamaniques aux quatre coins du monde.